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Thème 7 : Procédures et dispositifs cinématographiques et audiovisuels

Responsable : Natacha Cyrulnik

publié le , mis à jour le


Résumé :

Ce thème a pour enjeu, d’une part, l’étude des Procédures et des dispositifs mis en œuvre dans la production d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles (de l’écriture à la diffusion) ; et, d’autre part, la production d’œuvres artistiques, qu’elles soient inscrites en tant qu’acte de création d’un auteur ou dans une action collaborative ancrée dans les réalités sociales. La démarche créative est liée à des attentes scientifiques, artistiques, et sociales ; elle s’inscrit dans un processus de transformation (construction d’objet de connaissance (partagée) et de savoir, transformation du regard et des actes, formation, expérimentation, etc.). La place de l’œuvre et celle de l’objet (film) dans sa relation à l’autre sont interrogées.
Ce thème soulève de nombreuses questions liées à la mise en œuvre des films qui peut alors s’analyser selon leurs enjeux et usages, par l’analyse des dispositifs selon les interactions entre le visuel et l’auditif ou selon des relations humaines mises en jeu, par des méthodes d’analyses et/ou de créations, comme par les discours qui sont faits de ces dispositifs.
En terme d’applications, des recherches-actions mises en place et d’autres situations cinématographiques vont être expérimentées et analysées. Les procédures et dispositifs audiovisuels et cinématographiques s’identifient à travers différentes situations participatives ou l’analyse d’œuvre de vidéomusique ou ciné-concert comme d’autres films, des formes pédagogiques (des ateliers de pratique à la création partagée) et des processus de créations artistiques (de l’analyse de films déjà réalisés à ceux en construction).

Description :

Quel dispositif ?

En ethnologie la description d’un dispositif fait partie de la méthode ethnographique : dégager les conduites de leur contexte, analyser les différents aspects de l’environnement culturels, relier les cérémonies aux divers aspects de la culture ou de l’ethnie concernées pour conduire à un système d’explications où les pratiques sont considérées par rapport au dispositif, aux rites, aux symbolismes. L’explication sociologique se donne pour tâche d’unifier le rapport entre société et « chose sociale ». Le travail de relation entre dispositif et pratique s’ancre dans une approche anthropologique. Dispositif et méthode semblent liés.
Toujours dans la logique d’une approche interdisciplinaire chère à notre UMR, mais en proposant une base de réflexion sur laquelle s’appuyer plus philosophique, Michel Foucault décrit le dispositif lui-même comme « le réseaux qu’on établit entre ces éléments (…) un ensemble résolument hétérogènes comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales philanthropiques ; bref du dit aussi bien que du non-dit (…) ». Et d’ajouter « Le dispositif a donc une fonction stratégique dominante … Le dispositif donc est toujours inscrit dans un jeu de pouvoir, mais toujours lié aussi à une ou des bornes du savoir qui en naissent, mais, tout autant, le conditionnent » (Foucault, 1977 : 299). Trente ans plus tard, Giorgio Agamben, dégage et reprécise le point de vue foucaldien en distinguant deux grandes entités (Rasse, Durampart et Pélissier, 2014) : d’un coté, « les êtres vivants ou les substances » ; de l’autre, « les dispositifs à l’intérieur desquels les êtres vivant ne cessent d’êtres saisis ». Entre les deux, il ajoute « les sujets, qui résultent du corps à corps entre les vivants et les dispositifs » (Agamben, 2007 : 30-32). C’est donc de la technique aux actions humaines que notre champ d’intervention se déploie.

Procédures cinématographiques et audiovisuelles (métiers, dispositifs, esthétiques)

Ce thème de recherche propose une nouvelle forme de l’analyse et de l’expérimentation filmique reposant sur une interdisciplinarité structurante : approche artistique, sociale et sociétale ; contexte économique et politique ; pratiques professionnelles ; expérimentations ; etc. Les paramètres techniques, matériels, économiques, sociaux, idéologiques, conditionnant la fabrication du film, les traces ou « symptômes » que ces paramètres laissent dans les films, les liens entre le projet artistique et les contraintes de sa réalisation sont au cœur de l’analyse et du processus de création. A travers des logiques d’expérimentation et d’observation (pratiques professionnelles, analyse du film à partir de sa fabrication, génétique, réception et usages des effets des procédures), ce thème de recherche convoque des disciplines techniques et/ou scientifiques complémentaires : ergologie, psychologie, études littéraires, économie, sociologie, anthropologie, linguistique, etc.
Que ce soit dans une approche technologique ou à travers des relations qui se tissent face à une caméra par exemple, les dispositifs et procédures cinématographiques et audiovisuels concernent de nombreux champs exploratoires qui nécessitent (que ce soit pour aborder le son, l’image, la fiction ou le documentaire) de bien définir les termes et les approches disciplinaires pour mieux les faire interagir, entre empirisme et épistémologie. De la technique à la machine, puis de l’usager à la représentation qu’il (s’)en fait ou qu’il (se) raconte, pour finir dans un rapport de pouvoir évoqué plus haut qui implique l’analyse d’une méthode qui relie tous ces éléments, le dispositif propose plusieurs niveaux d’analyses, esthétiques comme rhétoriques. Nous pouvons ainsi lister des étapes à analyser :

  1. La strate technique i.e. l’appareil
  2. La position de l’appareil dans l’assemblage qu’est le dispositif
  3. Les interactions entre appareil et usager
  4. la construction d’une/des représentation(s)
  5. l’analyse de(s) méthode(s)
  6. les interactions des tous ces points entre eux

Une distinction nette et rigoureuse entre « procédures », « méthodes », « moyens », « procédés », et « dispositif », « appareil » s’opère alors pour mieux questionner les pratiques audiovisuelles et autres approches cinématographiques. Ainsi les chercheurs se concentreront sur les questions d’Ecriture(s), (d’exploration de la recherche) d’Observation(s), de Captation(s), de Tournages(s), de Montage(s), de Restitution(s), (d’exposition de la recherche), de Projection(s) et de diffusion(s). La (co-)élaboration avec des acteurs, l’ici et maintenant, tout comme les projections à tous les sens du terme (cinématographique, futures, psychologiques, urbaines, etc.), et la relation avec les réalités sociales et ses enjeux, constituent quelques uns des champs d’interventions possibles. De l’acte de création à l’invention technique, en passant par des situations sociales spécifiques, (nos) différentes approches empiriques en tant que postulat permettront de développer ces aspects des recherches.

Entre empirisme et épistémologie, de l’objet technique à l’acte de création

Il s’agit d’ouvrir un champ d’étude constitué à partir du film de recherche lorsqu’il produit un espace de transaction pour appréhender l’homme dans son expérience sensible et à travers les relations humaines qu’il développe au cours de son activité. Ce champ de recherche peut être circonscrit à la mise au jour des pratiques et usages de ces personnes qui inventent des procédures personnelles de connaissance dans les actions de la vie quotidienne ou lorsqu’ils sont au travail. Lorsque le film est envisagé en tant que paradigme de connaissance pour étudier la réalité sociale, le dispositif audiovisuel est alors considéré comme une partie fondamentale du processus de recherche qui doit faciliter et générer de nouvelles idées et méthodes de production des connaissances humaines. Il s’agit de penser la façon de faire...
Insistant sur ce lien entre la technique qui sert la création, dans une circularité entre la pratique et la recherche, la position du chercheur-cinéaste semble déterminante. Il faut considérer que toute réalité sociale naît d’une dialogique issue dune relation permanente entre matérialité et idéalité. Cette relation fait que l’idéalité est la pensée sous toutes ses formes (y compris celles qui la fixent dans des énoncés matériels (dont les œuvres d’art) et des dispositifs en acte(s), écrit Godelier) dans la construction des pratiques humaines. « Le cinéma est une pensée qui prend forme tout autant qu’une forme qui permet de penser » dit Jean-Luc Godard. Cette "pensée manuelle" évoque aussi le cas d’un « technicien – auteur », où la séparation entre ces deux termes ne relève que d’accords de régulation et d’organisation du travail, alors que la frontière entre le savoir / les compétences d’un technicien et la « création » (la sphère idéelle)- est mince. L’observation des interactions entre projet artistique (écriture)/ Techniques / économie relève de cette approche dialogique. Faire jouer celle-ci dans la production de dispositifs consiste en une recherche en acte(s) et se distingue de l’orientation épistémologique qui va observer la notion de recherche - création sous un angle théorique.

Ainsi, plusieurs situations de recherches peuvent être expérimentées :

  • Le choix de l’approche méthodologique adoptée privilégiera les méthodologies inclusives, participatives, les relations de face à face, dialogiques et interactives. L’enjeu dans ce cas est de mettre l’accent sur la dynamique singulière des modes personnels et intersubjectifs d’action et de recherche dans le cadre de la conduite de projets de nature collaborative. À ce titre, il interrogera – de façon interdisciplinaire mais aussi avec une visée éthique – la place du cinéma et de ses pratiques dans l’espace contemporain de la transmission, de l’élaboration et de la transformation des connaissances et des actes.
  • Les processus de création et de transformation : la transformation par l’art, les transactions et transformations du regard, le spect’acteur, réception et transformation (leblanc), filmer pour comprendre et transformer, la transformation par l’esprit-critique (création et pédagogie), etc.
  • Etc ...

Une série de journées d’études, puis un colloque :

  • Programme 1 : Je de présentation de nos travaux (Oct 2016)
  • Programme 2 : L’articulation entre pratique et théorie dans les dispositifs audiovisuels (Printemps 2017)
  • Programme 3 : Organisation du colloque « PROCESS : Processus, méthodes et pratiques d’écriture cinématographiques et audiovisuelles co-élaboratives » ou « Connaitre et transformer », ... (printemps 2018) ...